dimanche 25 octobre 2009

Hypnose parisienne

Aujourd'hui, l'invraisemblable m'est tombé dessus : on m'a commandé un café en pleine rue. Pour tout dire, j'entendis une voix dans mon dos qui me formulait posément la demande.

Je n'ai même pas réussi à dire non à cette p'tite dame sans âge (qui se disait infirme) sur son banc et qui me désignait avec une pièce le premier restaurant fast-food venu. J'ai fait cinq minutes de queue, j'ai commandé le café et lui ai ramené avec, à la clé, l'imparable réplique «vous êtes bien gentil».

Mais le plus bizarre ici reste sans doute que j'ai trouvé cette histoire bizarre sur l'instant. Paris a failli me faire douter qu'être serviable est normal !

Et encore, petits veinards, la suite de mes courses du dimanche me fait faire un autre constat salvateur. En faisant ces courses aux halles locales, j'ai appris que mon fleuriste est belge et qu'il bosse là depuis 12 ans, que sa jeune et jolie assistante a un grand-père brestois et que mon boucher a 37 ans. Nomdidiou, Paris a aussi failli me faire oublier que Paris est peuplée de gens !

Paris : sorte de gris sombre étalé sous des nuances de gris clair.
À consommer avec modération. Dépressifs, s'abstenir.


Note pour plus tard : vivre à Paris, oui. Devenir un parisien tout gris, non.

mardi 13 octobre 2009

La ponctuation illustrée

L'évolution, c'est ce qui fait l'ornythor... [non] l'ornitorynx... [non plus] l'ornithorynque (*) existe. Et il suffit de voir la bête pour se dire que l'évolution sait se moquer bigrement bien des scientifiques qui l'étudient. Grande blagueuse que cette fille-là !

Faute d'ingénieurie par trop évidente
(photo tirée d'une page de la Wikipédia)

Je pensais vaillamment que seul l'ornitruc avait été victime d'une blague pareille. Que non-non ! Et en voici la preuve ! Avant toute chose, lecteur de type masculin, sache que les lignes qui suivent sont tirées d'une expérience dans une jungle hostile — pour ne pas dire franchement pas feng shui du tout — un grand magasin parisien. Pour vous dire, je dois uniquement ma survie à la présence parentale.

Ainsi, dans un rayon de vêtements dont nous garderons l'anonymat, un homme tentait de conseiller les clients et vendre ses produits. Après quelques recherches de notre côté, nous venons le voir avec une question : «Vous avez du 41-42 sur ce modèle ?» Serviable comme pas deux, il nous répond alors : «Je vérifie... non-hon.»

La déception se lisant sur nos visages, notre interlocuteur enchaîne : «Cependant, dans notre collection, la taille est confortable donc plus grande que dans les autres. Hon. Vous pouvez essayer un 40 pour vérifier. Hon.»

Pour témoigner en faveur de notre homme, son conseil s'avéra judicieux. Ceci étant dit, nous découvrîmes que le «hon» réapparaissait souvent. Plus exactement, il ponctuait de façon sonore la fin de toutes ses phrases. Systématiquement. Indubitablement. Irrémédiablement. Croix de bois, croix de fer.

Voici donc que Dame Nature nous présentait donc une nouvelle évolution de l'homme : «Homo Sapiens Ponctuabilis». Seulement, quel peut être l'avantage de cette mutation ? Voilà bien la terrible question qui travaille mon esprit à ces heures indues. Hon. La ponctuation sonore est-elle un avantage immense dans le cadre de la survie de l'individu ou de la reproduction de l'espèce ? Weeek. Devrais-je moi aussi ponctuer mes phrases pour garantir une transmission de mes gênes à la génération suivante ? Weeek. Bah, ce doit être encore une lubie d'un inconnu. Hon. N'y pensons plus. Hon.


Note pour plus tard : remercier cet homme si un jour je rencontre la P'titenoteuse grâce à sa méthode... Hon-hon-hon.

(*) Et c'est l'Homme qui lui a donné son nom débile. Vraiment, pauvre bestiole que l'hornitocard !

vendredi 9 octobre 2009

De la ponctualité envers les trains

La citation qui suit n'est en aucun cas liée à ma façon de prendre le train. Juré, craché !

« La seule façon sûre de prendre un train, c'est de manquer le précédent.»

Pierre Daninos, Vacances à tout prix.


mercredi 30 septembre 2009

Le pianiste à l'Opéra

Pour la première fois, par le biais d'un ticket gracieusement offert, je suis allé à l'Opéra. Pour voir une pièce «qui marqua la musique» : Wozzeck...


Je passe la main à un critique de l'Opéra lui-même (comme j'aurai pu citer ce second critique) :

[Berg] composa l’un des ouvrages les plus radicaux du XXe siècle, l’un des plus bouleversants aussi. Berg le dira lui-même : il n’a pas cherché à être révolutionnaire, il a simplement cherché à exprimer par les sons le contenu spirituel du drame immortel de Büchner. Construit avec une rigueur géométrique, enchaînant fugues, inventions, variations et sonates, l’opéra transcende pourtant sa virtuosité formelle et fait monter un saisissant cri de révolte et de désespoir, attendant de nous la plus profonde compassion.

Seulement, voilà, pauvre chose un peu inculte que je suis, je n'ai pas été bouleversifié par cette pièce un peu glauque et sans queue ni tête (il aurait fallu au minimum que je connaisse bien la musique «heurtée» — j'ai pas beaucoup mieux en réserve pour décrire — de Berg).

Notons ici une exception. J'ai en effet éprouvé de la compassion pour un des interprêtes. Au premier plan de la scène, bien à droite, un homme était assis de profil, dos à l'action, devant un piano qu'il regardait fixement. De temps à autre, pendant les deux heures de l'opéra, il allumait ou éteignait une veilleuse (avec un clic bien sonore). Certes, il eut sa minute de gloire à un moment en étant poussé de sa chaise — belle cascade — ou en jouant trente secondes... Mais X années d'étude de piano pour en arriver là, je dois reconnaître que j'avais mal pour lui.


Note pour plus tard : Retourner à l'opéra. Eventuellement avec des tomates si la pièce est moderne.

mardi 29 septembre 2009

L'emmenthal selon Aristote

Suite à une rapide lecture de la biographie de M'sieur Aristote, grand amateur de logique, voici que je suis retombé de fil en aiguille sur le paradoxe du fromage à trous (comme l'emmenthal), paradoxe si délicieux qu'il se doit d'être cité ici :

Plus il y a de fromage, plus il y a de trous ;
Or, plus il y a de trous, moins il y a de fromage ;
Donc plus il y a de fromage, moins il y a de fromage !


Querelle philosophique sur le fromage à trous
Sur l'image, Platon dit qu'il y en a plus, Aristote qu'il y en a moins
(détail de «l'école d'Athènes» de Raphaël)


Note pour plus tard : ne jamais discuter philosophie ! Cela empêche de manger tranquillement son fromage.

lundi 28 septembre 2009

Fichu caractère


Si un jour on vous dit : « Il va vous accompagner un bon moment. Il aura un fichu caractère : indépendant, obstiné, râleur, flemmard, trop gourmand. Il va parfois détruire des objets qui vous sont chers, manger régulièrement votre chocolat bien planqué et il vous logera peut-être même ses canines dans votre main. » Si un jour donc on vous le dit, sachez que vous devriez sérieusement réfléchir à ne pas refuser : vous pourriez sinon manquer de connaître celui que vous appeleriez fièrement, comme je le fais, «Mon Chien».

dimanche 20 septembre 2009

A propos de rien...

« One of the lessons of history is that nothing is often a good thing to do and always a clever thing to say.»

Will Durant.


... ce que l'on pourrait traduire par : «une des leçons de l'histoire est que rien est souvent une bonne chose à faire et toujours une chose intelligente à dire».